VOici un autre et étrange Noël de Severus ... Ecrit en 1/2 heure à peine, sur le coup d'une idée ...
Les Trois Noël De Severus
La neige tombait lentement, endormant peu à peu le château et ses environs. La nuit était tombée depuis longtemps et la couverture blanche qui recouvrait le paysage luisait étrangement sous la pâle clarté morbide de la lune.
En ce soir de veille de Noël, les rires avaient longtemps résonné dans les couloirs du collège. Les chants et la joie avaient envahi presque tous les coeurs.
Contre bon gré mauvaise fortune, Severus Rogue avait fait acte de présence au banquet organisé par le directeur. Mais il ne s'était pas mêlé à la bonne humeur ambiante. Renfermé comme à son habitude tel une chauve-souris repliée dans ses ailes, il avait jeté un regard mauvais sur l'assemblée qui riait et se délectait des mets raffinés préparés par les elfes. Le Maître des Potions n'avait que grignoté par-ci et par-là dans les plats pourtant appétissants. Il n'avait pas ri aux bons mots d'Albus, ni applaudi lorsque Minerva s'était levée pour entonner un chant de Noël typiquement écossais.
Heureusement pour lui, cette corvée était terminée. Ce n'était que son premier réveillon à Poudlard depuis qu'il avait été nommé comme professeur de Potions par Albus, mais il avait déjà pris en grippe ce moment.
A présent, assis dans son vieux fauteuil éliminé devant la cheminée, il profitait de la solitude, sa solitude si familière et du silence.
Devant lui, dans l'âtre, craquaient les dernières bûches enflammées. Bientôt, le feu s'éteindrait et la pénombre céderait sa place aux ténèbres et au froid. Le sorcier regarda fixement les flammes danser sous ses yeux, leur valse agonisante avait quelque chose d'hypnotique.
S'était-il assoupi ?
Il ne le savait pas, à en croire le feu qui flambait encore devant lui, non ...
Pourtant, il le sentait, quelque chose avait changé dans sa chambre. Quelque chose d'inhabituel ... Un craquement sourd ? Le sentiment soudain de n'être plus seul.
Il se redressa d'un bond vif et alerte, la baguette dans sa main. D'un rapide sort, il fit la lumière dans toute la chambre. Qui avait osé pénétrer en son antre ? Les yeux brillants d'une froide colère d'avoir été dérangé en pleine méditation, il parcourait la pièce du regard.
Rien ... Personne ...
Il était pourtant certain que ses sens ne l'avaient pas trompé ... Jamais ils ne lui avait fait défaut ...
Il observa de nouveau sa chambre.
Soudain, dans le coin, près de la monumentale armoire, une zone d'ombre mouvante retint toute son attention.
- - Qui êtes-vous ? Gronda-t-il comme une bête féroce.
Aucune réponse ne lui parvint.
- Je sais que vous êtes là ! Montre-vous ! Ordonna-t-il.
Il avait déjà fait un pas quand il stoppa net.
- Bonsoir Severus !
Il sursauta. Cette voix ... il la connaissait, il en était certain. Elle lui était étrangement et douloureusement familière, pourtant il lui semblait l'entendre pour la première fois.
- Qui êtes-vous ? Répéta-t-il un peu plus doucement. Je vous connais ?
Un rire s'éleva dans la pièce.
- Bien sûr que tu me connais !
L'ombre s'avança alors dans la lumière. Severus ne put s'empêcher de pousser un petit cri comme s'il se trouvait face à un fantôme. L'homme s'avança jusque devant le feu.
- Assieds-toi, Severus ! L'invita-t-il d'une voix qui ne tolérait aucune réplique.
Severus s'exécuta sans quitter son invité des yeux. Il était aussi grand que lui. Le visage tout aussi pâle et fermé. Les yeux noirs de l'inconnu restaient obstinément fixés sur le jeune professeur de Poudlard. Son grand nez aquilin frémissait légèrement comme s'il sentait l'odeur de la peur (?) sur Severus. D'un geste ample, il rejeta la mèche de cheveux noirs et grasses qui lui tombait devant les yeux, puis il parla.
- Sais-tu pourquoi je suis ici, Severus ? Demanda l'intrus. Sais-tu au moins qui je suis ?
Les mots se bloquèrent dans la gorge du Maître des Potions. Il hocha simplement négativement de la tête.
- Ne me reconnais-tu pas ? Répéta le sorcier.
Severus balbutia un timide non. L'autre éclata de rire. Un rire trop familier aux oreilles de Rogue.
-Voyons, Severus ! Je suis toi ! Enfin, le toi que tu risques de devenir dans quelques années ...
- Ce n'est pas réel, se défendit le jeune sorcier. Vous n'êtes qu'un rêve !
L'autre Severus rit de nouveau.
- Que peut dire ce qui est réel ou pas ? Les rêves n'ont-ils pas leur propre existence ? Ne sont-ils pas tout aussi réel que le monde qui nous entoure ?
- Que voulez-vous ?
- De montrer quelque chose ! Répondit le vieux Severus mystérieusement.
Il fit alors apparaître un grand miroir devant la cheminée. Severus regarda son reflet et celui de son double.
- Viens avec moi !
Il lui tendit une main. Severus hésita encore mais finalement accepta la main tendue. Elle était glacée comme aurait pu l'être celle de la Mort. L'Autre s'approcha du miroir, le reflet se troubla comme l'onde pure est troublée par l'envol d'un gracieux cygne. Les deux Severus pénétrèrent dans le reflet et disparurent.
Le sapin était immense, sa cime touchait le plafond. Le petit garçon le regardait avec émerveillement. Au pied de l'arbre avaient été déposés de nombreux cadeaux.
- Tu vois, lui murmura une voix de fille.
- C'est vraiment magnifique, Lily, répondit Severus.
Il la regarda un peu tristement, une pointe de jalousie dans les yeux. La jeune fille se rapprocha du garçon.
- J'aurai bien aimé faire plus, chuchota-t-elle. T'inviter au réveillon, mais mes parents ...
Elle n'en dit pas plus. Severus haussa les épaules. Il ne se faisait plus aucune illusion ... depuis bien longtemps !
- Même si chez toi, on ne fête pas Noël, j'espère t'apporter un peu de ... chaleur ...
Severus la remercia d'un sourire. La jeune fille avait le regard pétillant. Elle s'accroupit soudain et retira un petit paquet coloré de dessous le sapin et le tendit à Severus.
- Joyeux Noël, lui lança-t-elle.
Surpris, Severus n'osa pas le prendre.
-Allez, insista-t-elle. C'est pour toi.
- Merci, balbutia-t-il tout penaud de ne pas avoir pensé à apporter quelque chose à son amie.
- Ce n'est pas tout, renchérit la jeune sorcière.
Elle alla farfouiller dans la cuisine et revint avec deux grosses parts de bûches, un morceau de pudding de Noël.
- Ne vas-tu pas avoir des ennuis ?
- Non, répondit Lily en souriant.Le souvenir s'estompa soudain. Severus regarda l'Autre.
- Pourquoi ?
- C'était ton Noël passé ... murmura-t-il. Le meilleur que nous ayons eu ...
Il avait une immense pointe de regret dans la voix. Severus lui aussi était tout retourné par cette vision, même s'il essayait de le cacher.
- Allons Severus, vous devez venir ! Insista Albus.
- Non ! Répondit-il sèchement. Vous pensez vraiment que j'ai le coeur à cela ? Fêter Noël ... alors que ...
Sa voix s'éteignit brusquement. Un voile de tristesse passa dans ses yeux.
- Je ne devrais pas être là, en ce moment ! A vous parler ! Ce n'est pas moi qui devrait ici ! Répéta-t-il.
-Severus, murmura tristement Albus. Vous n'y êtes pour rien !
- Bien sûr que si, s'emporta le sorcier tout en noir. Tout est de ma faute ! Si j'avais su me taire, rien de tout cela ne serait arrivé ! ELLE SERAIT TOUJOURS EN VIE ! Elle aurait pu fêter Noël avec sa famille ! Au lieu de cela, elle repose dans la froide tombe de la mort, sous la neige qui tombe !
- Severus, je me dois d'insister ! Venez donc ce soir dans la Grande Salle. Vous ne devez pas rester seul dans votre chambre à vous morfondre.
- Je ne me morfonds pas, répliqua-t-il avec fierté.
- Venez, Severus.
Et il finit par se laisser entraîner par le directeur.- Les regrets ... intéressants n'est-ce pas ?
Severus sursauta et regarda son Moi avec attention.
- Que voulez-vous dire ?
- Ils ne servent à rien parfois ... si on est incapable d'en tirer les conséquences ... On doit tirer partie des erreurs du passé ! Sinon à quoi servent-elles ? Aujourd'hui, Severus, tu as fait un pas en acceptant cette invitation ... mais ...
- Mais quoi ?
- Laisse-moi te montrer !
Le feu s'était éteint comme les étoiles dans le ciel. Severus soupira. Son visage était encore marqué par les horreurs qu'il avait vues, le sang qui avait coulé. Ce réveillon de Noël était un des pires, le pire sans doute. La haine coulait dans ses veines, nourrissant sa colère. Pourquoi avait-il écouté ce vieux fou ? Pourquoi avait-il repris contact.
Il releva sa manche et regarda la marque noir qui brûlait sa chair pâle. Il haïssait cela, il haïssait ce qu'il était devenu, ce qu'il avait fait.
La fureur se répandait des ses veines. Il haïssait cette solitude dans laquelle il s'était enfermé, sans espoir aucun de retour possible. Il haïssait ce monde pourri et plus encore ce soir. Noël ... Il leva les yeux au ciel. Ce mot avait perdu tout son sens depuis si longtemps.
L'amertume le brûlait comme un poison, mais point de bézoard pour apaiser ses tourments. Juste sa solitude pesante et oppressante, ses ténèbres impénétrables. Il avait érigé un mur entre lui et les autres ... A présent, il en payait le prix fort !
- Alors, Severus ? N'est-ce pas un admirable Noël que tu viens de voir ? Le sang, la peine, la solitude, le poids des morts et des remords ?
Le professeur ne répondit rien.
- Voilà ce qui t'attend, Severus ! Ce Noël futur te tend les bras ... Il t'est destiné ...
- Qu'est-ce que cela peut-il bien me faire ?
- N'as-tu pas ressenti la peine ? La haine ? Le froid de la solitude ? Est-ce cela que tu veux pour nous ? Pour toi ?
Severus ne répondit rien.
- Il est déjà trop tard pour le Moi que je suis ... Mais, toi, Severus ... tout n'est pas perdu ! Tu peux encore changé cela, éviter que ce futur ne soit le tien ! Pense-y, Severus, pense-y ! Car dans peu de temps, il sera trop tard.
Devant lui, dans l'âtre, craquaient les dernières bûches enflammées. Bientôt, le feu s'éteindrait et la pénombre céderait sa place aux ténèbres et au froid. Le sorcier regarda fixement les flammes danser sous ses yeux, leur valse agonisante avait quelque chose d'hypnotique.
S'était-il assoupi ?
Il ne le savait pas, à en croire le feu qui flambait encore devant lui, non ...
Une voix pourtant résonnait dans sa tête :
- - Pense-y, Severus, pense-y ! Car dans peu de temps, il sera trop tard ...
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Animagus
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